… pour réfléchir ensemble sur tout ce qui ne fait pas consensus mais pour poser les bonnes questions pour l’émancipation des élèves (enfants, jeunes, étudiant•e•s) – Toutes questions sur le système éducatif, les personnels, la co-éducation (parents, autres…), etc.
Toute contribution est la bienvenue.
Ecrire au collectif : mailto:copil@lists.collectif-riposte-education.fr
Sommaire
La question de l’Intelligence artificielle
La question des rythmes scolaires
Téléphone portable à l’Ecole
***
La question de l’Intelligence artificielle
* 8/12/2025 sur Facebook – Pédocriminalité et IA (parents, protégez vos enfants !) « Arrêtez de poster les photos de vos enfants sur les réseaux sociaux : cette experte alerte sur l’usage de l’intelligence artificielle par les pédocriminels »
- Véronique Béchu, ex-commandante de police, très investie dans la prévention des dangers sur internet, dirige aujourd’hui l’Observatoire e-Enfance, une association qui lutte contre les violences numériques faites aux mineurs.
- « Véronique Béchu met en garde par rapport au détournement de ces nouvelles technologies et, en l’occurrence, de l’intelligence artificielle qui permet la création de contenus pédocriminels. Il faut « réfléchir » à l’exposition, « revoir l’exposition en ligne des enfants ». D’abord, par les parents eux-mêmes sur leurs réseaux sociaux. « C’est un autre phénomène qui est très connu. Ça va être « le sharenting » (surpartage parental désignant la pratique des parents de publier des contenus concernant leurs enfants sur Internet). Les images sur leurs réseaux sociaux sont récupérées par les pédocriminels qui en font des contenus à caractère sexuel grâce à de l’intelligence artificielle et des outils d’intelligence. »
- Elle explique : « Ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est qu’on en découvre de plus en plus et qu’il y a des individus qui ne font que ça. En fait, ils ne vont pas forcément chercher du contenu déjà existant, mais ils en fabriquent ».
- « Avec l’Intelligence artificielle, il y a une forme de radicalisation chez les pédocriminels ». « Cela montre que l’individu est dans une radicalisation de son comportement pédocriminel en créant ses propres images. »
- Récemment un retraité de Gironde, a été mis en détention provisoire : « Un photographe de 64 ans de Pauillac a été mis en examen et placé en détention provisoire le 26 novembre dernier pour détention et diffusion d’images pornographiques et montages d’images à caractère sexuel et pédopornographique grâce à l’Intelligence Artificielle, sans le consentement des personnes concernées. » « Plusieurs milliers de fichiers » retrouvés chez l’individu. » « A l’origine, un signalement international. « Ce signalement évoquait un partage de fichiers en ligne « comprenant des images et vidéos pédopornographiques représentants des mineurs déshabillés à l’aide d’un logiciel d’intelligence artificielle ». Enquête menée en France par l’Unité Nationale Cyber (UNC), rattachée à la gendarmerie nationale qui a abouti à Pauillac en Gironde.
- Article de France info Nouvelle Aquitaine du 7/12/2025 qui a partagé le 8/12 sur Facebook.
- Observatoire e-Enfance
* Quel rôle doit jouer l’Ecole et par voie de conséquence les enseignant•e•s face à l’Intelligence artificielle ?
- 24 novembre 2025 – Café pédagogique : « IA : l’école appelée à jouer son rôle social et politique »
- « Les IA génératives, un fait social qui entre dans les classes »- « Le rôle politique de l’école : éviter un nouvel écart social »
- « Un usage raisonné » – l’apprentissage de l’écriture renforcée -« La question n’est pas de bannir l’outil, mais de permettre aux élèves de l’utiliser de manière éclairée, critique, créative. »
- Les professeur•e•s documentalistes sont en première ligne, pour la formation à l’IA, dans le secondaire :
- « Le Wikinotions InfoDoc est un projet collaboratif piloté par l’APDEN [NDLR : L’association des professeur•e•s documentalites de l’Education nationale], pour un enseignement en information-documentation, contribuant à l’Education aux médias et à l’information (EMI). » Lire ici. On peut lire sans être connecté.
- La page sur l’Intelligence artificielle avec la notion, la définition, la mise en séquences de la sixième à la seconde et des ressources bibliographiques : Lire ici et une vidéo ici : » Intelligence artificielle : histoire et prospectives avec le sociologue Dominique Cardon. Une conférence de la Maif. Dominique Cardon est professeur de sociologie à Sciences Po Paris et directeur du médialab, il a notamment publié « Culture numérique » aux Presses de Sciences Po en 2019. « Un sujet passionnant qui touche plus encore à l’éthique et à la politique qu’à la technique. »
- Le propos de Dominique Cardon est d’abord d’ordre historique puis éthique : deux scientifiques dans les années 60 ont fait advenir l’IA avec leur équipe mais aussi deux conceptions de l’IA.
- Capture d’écran et voir la vidéo.

Et la suite qui ne fut pas linéaire : la science avance par arrêts et avancées…

***
La question des rythmes scolaires
* 8 décembre 2025 : « Rythmes scolaires : l’arbre qui cache la forêt ? »
« La question de rythmes scolaires maltraitants, peu efficients, est en effet une vraie question. Elle peut devenir l’arbre qui cache la forêt et servir à diviser un peu plus parents et enseignants. Elle est surtout le symptôme d’un système qui dysfonctionne » écrit Dominique Bucheton, professeure des université, membre du collectif Riposte. « Changer, adapter les rythmes scolaires aux besoins sociétaux nouveaux, nécessite de repenser l’école dans l’ensemble de son projet éducatif […]. » Article de Dominique Bucheton dans le Café Pédagogique du 8/12.
***
* 2025 : la Convention citoyenne sur les rythmes scolaires
Des débats qui remontent aux années 80-90-2000, jamais aboutis : découpages de la journée, de la semaine, réduction des vacances, prise en compte des études des chronobiologistes, des médecins, etc. Une convention citoyenne ? L’exemple irlandais est riche d’enseignements.« Trois assemblées citoyennes tirées au sort ont fait de l’Irlande un laboratoire exceptionnel pour la démocratie délibérative – entraînant des révisions constitutionnelles majeures : la légalisation du mariage homosexuel et de l’avortement. » (Collège de France, La vie des idées- Extraits)
- E. Macron a lancé de manière inattendue, une Convention citoyenne le 2 mai 2025 : « L’annonce contre-feu d’une convention sur les temps de l’enfant. » « Le président Emmanuel Macron a annoncé le 2 mai 2025 une convention citoyenne consacrée aux temps de l’enfant. Depuis des années déjà, les nombreux décrets et réformes imposés confirment l’absence de débats, notamment parlementaire sur les orientations et politique éducatives. La convention citoyenne servira-t-elle de caution démocratique à une École, dont les réformes et le fonctionnement sont bien souvent privés ? D’ailleurs qu’attendre de débats sans moyens possibles pour transformer l’École ? »[…]
- 2025 : les débats. La Convention citoyenne sur les rythmes scolaires : semaine de 4 jours/5 jours, un découpage qui fait débat depuis des décennies mais pas que : ce découpage préconisé par la Convention entre matinée avec matières théoriques et après-midis avec matières de la sensibilité :
- « Une nouvelle organisation du temps scolaire était en marche ! Il y a 30 ans… » : « Le temps scolaire, une vieille histoire et un serpent de mer », rappelle l’historien Claude Lelièvre. Des matinées pour les apprentissages théoriques sont déjà expérimentées … en 1995 où « l’approche à la hussarde de Guy Drut, tranchant entre les matières « fondamentales » et celles de la « sensibilité » essuie le refus cinglant de maîtres qui y voient un regrettable recentrage sur le seul « lire, écrire, compter », faisant finalement peu de cas des disciplines artistiques ou de l’EPS, importantes en tant que telles, mais aussi constitutives de l’apprentissage pris comme un tout et non un conglomérat de savoirs factuels vite oubliés ». Dans le Café pédagogique du 26/11/2025.
- « Une nouvelle organisation du temps scolaire était en marche ! Il y a 30 ans… » : « Le temps scolaire, une vieille histoire et un serpent de mer », rappelle l’historien Claude Lelièvre. Des matinées pour les apprentissages théoriques sont déjà expérimentées … en 1995 où « l’approche à la hussarde de Guy Drut, tranchant entre les matières « fondamentales » et celles de la « sensibilité » essuie le refus cinglant de maîtres qui y voient un regrettable recentrage sur le seul « lire, écrire, compter », faisant finalement peu de cas des disciplines artistiques ou de l’EPS, importantes en tant que telles, mais aussi constitutives de l’apprentissage pris comme un tout et non un conglomérat de savoirs factuels vite oubliés ». Dans le Café pédagogique du 26/11/2025.
- Le Café pédagogique également le 25/11/2025 : « Ça y est, la 3e convention citoyenne sur les temps de l’enfant s’est achevée. Les 133 citoyens et citoyennes tirés au sort ont rendu leur rapport ce week end. Mi-décembre, la commission du CESE rendra son avis.
- Mais déjà leurs propositions font débat… dans le monde scolaire.
- Refus du principal syndicat du 2nd degré : « École au rabais alors que jamais n’a été aussi fort l’enjeu démocratique de transmettre une culture commune, solide et diversifiée, à toutes et tous les élèves » juge le principal syndicat du 2nd degré. Car oui, les débats autour des « temps de l’enfant » ont été en grande partie des débats sur l’école. Tour d’horizon. » Sur cette page.
- Et sur le café pédagogique encore, dans cet article du 27/11/2025 : un historique des multiples revirements ministériels : mais où a-t-on jamais pris en compte la place de l’enfant, ses besoins et non ceux des adultes… toujours, toujours ? La Convention citoyenne conclut sur une proposition sensée, enfin !
- « La semaine de 5 jours fait partie des propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant. Un sujet sensible qui fait toujours débat. »
- « Marc Lavogez a été directeur d’une école REP à Arras. Il raconte pour le Café pédagogique la mobilisation d’une école … pour les 4 jours et demi depuis 2008. » […]
- « Un rapport de l’Inspection générale, publié en JANVIER 2000 concluait que la formule de la semaine à 5 jours restait la plus favorable pour la continuité pédagogique et le respect des rythmes biologiques des élèves.«
- Cette étude s’ajoutait aux travaux d’autres chrono-biologistes préconisant une régularité dans les apprentissages et un allègement de la journée. Citons notamment Hubert Montagner, Paul Magnin et Claire Leconte. Citons également le rapport de l’académie de médecine de 2010 « Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant » qui soulignait plusieurs points clés :
- la nécessité de prendre en compte les rythmes biologiques et physiologiques de l’enfant dans l’organisation du temps scolaire ; l’altération du fonctionnement de l’horloge biologique lorsque les rythmes ne sont pas adaptés. »
- D’autres rapports autour des années 2000, de chronobiologistes ont conclu de la même façon : »Pour conforter ce choix, la municipalité commanda une étude en 2016 au chrono-biologiste François Testu et l’inspecteur général, spécialiste des rythmes George Fotinos. L’étude démontra que l’aménagement du temps scolaire avait des effets bénéfiques sur l’organisation pédagogique, le développement personnel des élèves. La désynchronisation des rythmes de vigilance, souvent observée avec la semaine de 4 jours était réduite grâce à une organisation plus adaptée aux besoins des enfants.«
- « Pour Jean-Paul Delahaye, Dgesco au moment de la réforme Peillon, avec « la semaine de 4 jours, une exception mondiale que personne n’a songé à imiter, les enseignant•e•s ont connu un gain de temps à défaut d’une revalorisation de leur salaire, les plus faibles d’Europe. » Marc Lavogez [Ndlr : le directeur d’école en REP], poursuit : « selon lui, pour ces raisons, le terrain n’est pas favorable à la mise en œuvre de nouvelles réformes quelles qu’elles soient », concluant « La convention pose d’ailleurs comme condition de réussite de la mise en œuvre de la proposition, la nécessaire revalorisation salariale des enseignant•e•s». Lire l’article ici.
Mais quelles étaient les arrière-pensées de Macron ? : réduire les vacances et conserver les journées en l’état. Philippe Watrelot sur sa page Facebook, cite un article du Canard Enchaîné : « Macron n’a pas apprécié les propositions du Conseil économique social et environnement (Cese) sur les «temps de l’enfant ». La Convention citoyenne, qui a rendu ses conclusions le 23 novembre, suggère de généraliser la semaine de cinq jours à l’école. En revanche, les 133 citoyens consultés ne souhaitent pas révolutionner le temps consacré aux vacances. Ce qui a énervé le chef de l’État. En février dernier, lors d’un déplacement à Colmar, il affirmait : « On a des vacances qui sont très très longues l’été. Les enfants qui ne sont pas très accompagnés par leurs familles vont perdre souvent du niveau scolaire. » Macron était tellement en colère de pas avoir été suivi qu’il a décidé cette fois de ne pas recevoir à l’Élysée les citoyens consultés.
Si ça continue il va aussi dissoudre le Cese. » Article du Canard Enchaîné du 26 novembre 2025 (page 2).
***

Téléphone portable à l’Ecole : interdiction à tous les niveaux, réaliste ? Et la pédagogie ?
2026.
« […] pendant que l’attention se focalise sur la question des écrans, les questions des moyens ou des finalités de l’Ecole restent hors champ, alors que l’austérité budgétaire continue d’appauvrir les politiques éducatives et le service public d’éducation. » Café Pédagogique du 7/01/2026
2026 : Il va bien falloir choisir : « Eduquer, « surveiller et punir »…
- Dans l’article du Café pédagogique du 6/01/2026, Djéhanne Gani, comme nous, démontre que ces interdictions déjà annoncées depuis 2018, de la maternelle au collège mais pas encore effectives partout… causes à analyser) constituent un vrai débat de société : « Présentée comme une mesure universelle de protection, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ouvre ainsi
- un débat de fond entre impératif de santé publique, faisabilité juridique et technique, rôle de l’Etat, de l’école, et prise en compte des effets différenciés sur les jeunes. Eduquer, « surveiller et punir »… »
- Dans le 8/01 toujours dans le Café pédagogique c’est Bruno Devauchelle qui lance aussi le débat : « Quand on parle des « réseaux sociaux », on oublie toujours de spécifier la dimension numérique. Car les réseaux sociaux sont une composante de la vie humaine en société et cela depuis fort longtemps. »[…] « il faudrait s’interroger plus globalement sur la relation que nous humains entretenons entre nous et quels moyens ou dispositifs techniques nous utilisons pour gérer nos interactions. » […]
- « les projets d’interdiction (en vigueur en Australie) en projet en cette nouvelle année 2026 pour les moins de 15 ans nous semblent s’inscrire dans cette habitude des pouvoirs fragiles qui préfèrent interdire qu’éduquer et discerner. »
- Les décideurs, c’est le pouvoir vertical qui prône le numérique mais prétend l’interdire. « En renonçant à éduquer, les décideurs laissent la place libre aux « influenceurs » de toutes sortes. Ce sont eux les gagnants de ces politiques alors qu’une véritable éducation critique pourrait permettre de faire d’Internet, du web et des réseaux, l’espace social et sociétal rêvé (utopie ?) par certains, ceux qui en sont à l’origine en particulier. »
- Bruno Devauchelle a été enseignant en lycée professionnel, puis formateur d’adultes en particulier dans l’enseignement et enfin enseignant-chercheur à l’université (Poitiers et Université catholique de Lyon). Son domaine d’expertise est celui de l’éducation en lien avec les technologies d’information et de communication.
Le ministre de l’Education Edouard Geffray, interdit : « Vers l’interdiction du portable au lycée » – Article du Café pédagogique du 6/01/2026 : Un projet de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans – Une priorité politique pour l’Elysée – etc.
- « Le ministre souligne toutefois que l’Ecole ne peut pas porter seule cette responsabilité. « On ne peut pas tout demander à l’Ecole », a-t-il déclaré, estimant que les familles doivent également être associées à la mise en œuvre de l’interdiction.
- Il appelle à une approche globale, combinant plusieurs leviers : « Il faut à la fois limiter l’exposition aux écrans, éduquer aux usages du numérique et créer des alternatives sociales », notamment en développant des expériences de sociabilité hors ligne pour les jeunes. »
Les voeux 2026 : Macron n’en finit pas d’interdire…
- Des voeux…pieux ?
- Des moyens ? De la formation ?
- Comment tenir compte des réserves pertinentes des syndicats, des associations, des citoyen.ne.s, des personnes qui pensent ce problème complexe ?
- Car : Comment éduquer et ne pas se limiter à surveiller et punir ?
- Comment surtout impliquer les enfants et les jeunes eux-mêmes ? Ce devrait être la première question à se poser et à débattre avec eux ? Si l’on veut réellement leur émancipation de tous les pouvoirs… en toute connaissance de cause.
- Article de TF1 info du 28/11/2025 :
- « On a sorti le portable des collèges. On va l’élargir au lycée la rentrée prochaine. »
- « On va lancer une grande campagne à l’intention des parents. Il faut leur dire qu’ils ont un rôle à jouer », a-t-il déclaré un panel des lecteurs du groupe de presse Ebra à Mirecourt, dans les Vosges. Concernant l’interdiction dans les collèges, le président affirme que « cela marche plutôt bien ».
- Et dans cet article de France info du 03/11/2025 :
- « On n’a pas les moyens de s’adapter » : pourquoi le dispositif « Portable en pause » est mis en place dans si peu de collèges »
- « Même si l’objectif fait consensus, la majorité des établissements n’ont pas appliqué pour le moment la directive de l’ex-ministre Elisabeth Borne, qui impose une mise à l’écart des téléphones portables pendant la journée. »
***

