Publié à partir de plusieurs sources et contributions : Denis Robert, journaliste de Blast, Gérard Delbet, ancien instituteur de l’école Vitruve, les écrits de Raymond Millot sur l’Ecole, sur le site de Philippe Meirieu, sur le site du collectif Education bien commun (tous ses écrits depuis 2020), en particulier sur cette page, ainsi que sur le site du CNNR (Conseil National de la Nouvelle Résistance) deux sites que Raymond Millot avait contribué à créer… etc.
Recension par Nadine Lanneau professeure documentaliste retraitée du système éducatif public (collèges et lycées).
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Sommaire
Nécessité de reprendre le système éducatif avec une conception vraiment émancipatrice
Raymond Millot, ses nombreux métiers manuels avant celui d’instituteur
Raymond Millot, sa vision de l’école, de l’éducation
Raymond Millot, sa vision du monde
Raymond Millot, instituteur à l’école expérimentale de Vitruve à Paris
Raymond Millot : 70-2000, les années à la Villeneuve de Grenoble
2024 : Bifurquer, changer l’ordre millénaire
Nécessité de reprendre le système éducatif
avec une conception vraiment émancipatrice
Consulter le site du collectif Education bien commun
(attention : nouvelle adresse)
où Raymond Millot avait voulu publier l’essentiel de ses engagements de toute une vie
qu’il avait voulu partager et discuter avec le Collectif dès 2020
car tout était encore à faire et refaire…
Raymond Millot répondait à la question « Pourquoi le collectif Education bien commun » ?
Car il est nécessaire de reprendre en main le système éducatif dans son ensemble complètement dépassé au XXIème siècle pour de multiples raisons. Une volonté réellement émancipatrice et pas seulement cosmétique, réformiste (le système en a vu d’autres de ces réformes qui ne transformaient rien depuis Jules Ferry qui lui-même parlait d’émancipation). Une émancipation donc :
- qui considère les enfants et les adolescents comme des sujets capables de participer aux projets de la société,
- face aux effets multiples du changement climatique et de la dégradation du vivant ;
- pour des jeunes capables de participer à une citoyenneté, levier d’une transformation sociale, dans un monde en perpétuel changement
- des jeunes qui apprennent dans le système éducatif à penser, à exercer leur esprit critique…
- Notre souhait : Que les enfants et les jeunes ne soient plus jamais maltraités, qu’ils ne subissent plus des violences de toutes sortes, jamais plus des abus sexuels. Mais comme dit Raymond Millot dans son dernier livre « Bifurquer… changer l’ordre millénaire » : il faudra insister, insister longtemps.
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Raymond Millot, sa vie, ses nombreux métiers manuels
avant celui d’instituteur
- Raymond Millot a eu un parcours professionnel exceptionnel et original pour un enseignant. Denis Robert, journaliste qui a suivi et préfacé deux de ses livres depuis 2020, les énumère ci-dessous.
- Tous ces travaux manuels ?! Mais travailler de ses mains, à la réflexion, n’est-ce pas absolument nécessaire pour enseigner à l’Ecole primaire (maternelle et élémentaire), l’école première pour la jeunesse ? Parenthèse : c’est ce qui existait autrefois dans les écoles normales… pour les futurs instituteurs et institutrices que Raymond aimait appeler les Instits.
- Denis Robert, préface, page 5 :
- « Raymond a été charpentier, électricien, agent technique, instituteur à l’école expérimentale «Vitruve», conseiller pédagogique, coordinateur du projet éducatif de la Villeneuve de Grenoble, en lien étroit avec l’INRP (l’Institut national de recherche pédagogique qui en 2010 s’est transformé en Institut français de l’éducation). »
- Raymond a été toute sa vie jusqu’à la fin, à 98 ans, un militant de la cause des enfants et des jeunes :
- « Sa compagne Rolande lui a transmis sa passion pour une éducation émancipatrice qu’il met aujourd’hui au service de l’idée de biens communs portée par le CNNR (le Conseil national de la nouvelle résistance), mouvement dont il a aidé la création et le développement en 2021.
- « Il est plus que jamais nécessaire d’impulser le projet CNNR. Les périls sont là. […] »
- Son auto-portrait :
- « Raymond Millot se définit lui-même comme libertaire, féministe, internationaliste, autodidacte.
- Denis Robert, préface, page 5 :
Raymond Millot : sa vision de l’Ecole, de l’Education
- Raymond Millot a largement écrit sur sa vision de l’Ecole, une vision non seulement théorique, philosophique mais surtout étayée par les expérimentations qu’il a connues dans l’Education nationale elle-même, dans des écoles publiques (Vitruve, La Villeneuve de Grenoble), des écoles où les élèves n’étaient pas triés socialement comme dans le privé mais, il le montre à plusieurs reprises, dans des écoles où étaient accueillis des enfants de milieu populaire. Ecoles, expérimentations soutenues par l’inspecteur Gloton qui dès 1969 est devenu le président du Groupe Français d’Education nouvelle, le GFEN dont la devise est encore aujourd’hui : « Tous capables, tous éducables « .
Extraits encore de la préface de « Bifurquer… » p. 6, par Denis Robert, journaliste :
- « Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Une voie communautaire ; Émancipation, avenir d’une utopie et coauteur de : À la recherche de l’école de demain ; Écoles en rupture ; Vivre à l’école en citoyen.«
- « L’éducation est un bien commun, au même titre que l’air, l’eau, la biodiversité et la santé » dit-il. Son credo pourrait se résumer par l’idée selon laquelle les bouleversements sociétaux majeurs que nous vivons s’accompagnent d’une vague émancipatrice. D’où le combat de toute une vie pour mettre l’éducation à la racine du projet émancipateur. »
Raymond Millot, sa vision du monde
- « L’autre préoccupation de Raymond est celle du « jour d’après ». La peur d’une catastrophe politique et climatique qui ne portera pas la promesse de jours heureux.
- « Ce jour va arriver très vite » écrivait Raymond dans sa contribution au livre, ayant donné naissance au CNNR : « Il est temps d’avoir à l’esprit que nos enfants et nos petits-enfants vont devoir le vivre. Cette préoccupation devrait tarauder l’esprit de tous les parents, de tous les éducateurs, de tous les citoyens.
- L’institution scolaire n’est pas conçue pour y répondre.
- Dès aujourd’hui, il est possible d’affirmer que la société va avoir besoin du potentiel d’intelligence, de créativité de tous les individus et non plus d’une hiérarchie sociale avec des « premiers de cordée », des « collaborateurs » capables de les seconder et des gens qui « ne sont rien […] »
Extraits de la préface de Denis Robert.
- Le CNNR Conseil National de la Nouvelle Résistance : appel de 2020 « Pour des Jours Heureux : déclaration du Conseil National de la Nouvelle Résistance du 27 mai 2020«
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Raymond Millot : instituteur à l’Ecole expérimentale de Vitruve à Paris
dans le service public de l’Education nationale
Il a existé des expérimentations scolaires peu connues ou oubliées au fil du temps : en voici une née en 1962, qui existe encore aujourd’hui, l’Ecole Vitruve à Paris.
Publié par Gérard Delbet, ancien instituteur de l’Ecole Vitruve qui connaissait bien Raymond Millot.
- Gérard Delbet a retrouvé un texte très important de Raymond Millot :
- « Ce texte publié à la rentrée de septembre 1967, je l’ai exhumé de mes recherches sur l’histoire de l’école Vitruve dans le but d’étayer un livre sur les origines de cette école, ses débuts, ce qui a pu être réalisé depuis sa naissance en 1962 et surtout, sur ce qui a constitué et permis les conditions de sa survivance et de sa continuité dans l’école publique jusqu’à aujourd’hui. »
- On retiendra ces lignes écrites toujours par Gérard Delbet sur le projet d’une école différente mais qui a la particularité d’être dans le service public d’éducation et pas dans le privé comme on peut en connaître beaucoup, aujourd’hui où leurs dérives ont été mises à jour : absence de contrôle de l’Etat qui les finance pourtant, statut donc inégal par rapport au public. Ceci dit, comme le fait remarquer Gérard Delbet, Raymond Millot et les artisans de cette école dont lui Gérard Delbet, ancien instituteur ont toujours revendiqué un statut d’indépendance pour les écoles expérimentales et les réalisations éducatives, de bien garder une indépendance des pouvoirs politiques ou des tutelles idéologiques, quels qu’ils soient.
- Vitruve n’était pas une école privée, et ne l’est toujours pas mais le terme « école privée » dans les années soixante-soixante-dix, pouvait sans problème, s’appliquer à des « écoles différentes » (Raymond MILLOT disait dans une lettre en 1965 « Ecoles chevronnés ») et l’on peut se souvenir des écoles privées différentes comme La Source, Decroly
- Corrigeons donc le terme d’école privé par école différente, de service public, expérimentale, indépendante de l’éducation nationale, donc de l’Etat même si dès le début, un inspecteur de l’Education nationale, Robert Gloton, y a joué un rôle prépondérant qu’il a continué à jouer à la Villeneuve de Grenoble :
- En effet, Robert Gloton fut un inspecteur engagé pour changer l’Ecole, engagé au Groupe Français d’Education Nouvelle, le GFEN. Il en sera le président en 1969.
- Gérard Delbet analyse ainsi le texte ci-dessous, qu’il a retrouvé, signé Raymond Millot : « Extraits du Bulletin n°23, rentrée 1967 (Association Amicale des Anciens Élèves, Association des Parents d’Élèves de l’école Vitruve, 3 rue Vitruve, Paris 20e)
- « Il se trouve que cet épisode de la kermesse de mai 1967 à Vitruve, est, de mon point de vue, l’un des moments essentiels de la mise en place de cette école en tant que telle.
- Comme unité fondamentale du projet initié par Robert Gloton, dépassant la forme « classe », l’école semble être devenue à cet instant précis, pour les instits sur place parmi les plus éclairés, Raymond, Rolande, Josette Broquet, Huguette Leygnac, Pierre Cordelier, un point de bascule, une encoche, un tournant vers une nouvelle forme scolaire, « leur propre maison ». C’est une nouvelle approche du lieu éducatif qui se prépare à se mettre en place et qui va permettre sa perpétuation et sa pérennité.«
Voici le texte de Raymond Millot, retrouvé par Gérard Delbet :
« A l’école Vitruve en 1967
Une école publique pas comme les autres »
« Le point de vue des enseignants – kermesse 1967 – Un bilan très positif – Un appel Vitruve : un bilan très positif d’après les enseignant•e•s
L’exemple de la kermesse 1967
Depuis la création du GROUPE EXPÉRIMENTAL de la rue Vitruve, voici maintenant 5 ans, les enseignants absorbés par leur passionnante, mais difficile entreprise, n’avaient pu, dans leur ensemble, participer à la KERMESSE de l’école.
Cette année enfin, ils ont pu joindre leurs efforts à ceux des Associations de Parents d’Elèves et d’Anciens Elèves, dont l’un des mérites est d’avoir su persévérer seuls pendant des années.
Le but traditionnel des kermesses est de rassembler un peu d’argent pour aider les enseignants à faire face aux non moins traditionnelles carences de l’Etat dans le domaine de l’Ecole Publique.
Un nouvel objectif pour cette kermesse
Cette année, un but supplémentaire était visé par les enseignants, cimenter les rapports de tous les enfants avec l’Ecole, détruire les compartimentages entre classes, établir des liens entre enfants-maîtres-parents, créer l’esprit d’école indispensable pour mener à bien l’œuvre éducatrice entreprise. Pendant trois mois, chaque classe en Conseil de Coopérative (qui se substitue dans les horaires aux traditionnelles leçons de morale), les enfants ont cherché, inventé des jeux, imaginé une campagne publicitaire, préparé des travaux divers pour l’exposition, réalisé des plans de l’école, du préau, des boutiques. Ils ont dessiné, calculé, écrit…
Un conseil périodique des Présidents de Coopérative, a coordonné, relancé les efforts, entretenu l’intérêt par un affichage régulier des nouvelles sur l’avancement du travail.
Les maîtres ont de leur côté organisé une Exposition pédagogique, portant sur la Mathématique, la Grammaire, l’expression écrite du CP au CM2 (exposition malheureusement trop peu visitée).
Les associations (Anciens Elèves, Parents d’Elèves) ont construit des boutiques (tubes acier et isorel) installé l’éclairage, la sonorisation, organisé la buvette, la tombola et certains jeux, rassemblé les lots, tenu les comptes.
Quoi d’étonnant, après tout cela, que le soleil ait été de la partie ? Et que la kermesse se soit parfaitement déroulée ?
Enfants, Maîtres, Parents ont tiré le bilan. La satisfaction est, semble-t-il, générale. Côté enfants, conseils de classe et d’école ont fait le point sur les jeux, le climat de la kermesse, l’utilisation des sommes gagnées par le travail particulier de chaque classe (vente de journaux, de livres, d’objets divers) sortie, achats d’électrophone, épiscope, livres, disques, etc.
AVIS AUX BONNES VOLONTÉS
Les maîtres ont vu avec joie les enfants participer d’une manière parfaite et évoluer au cœur de la foule nombreuse, se sentant à l’aise DANS LEUR PROPRE MAISON. Aucun énervement, aucun acte de vandalisme, de négligence, seulement une très grande et très joyeuse bonne volonté. Le but poursuivi a été atteint et tout porte à croire qu’il le sera encore mieux l’an prochain.
La part de fonds réunis collectivement et attribués aux classes par les associations, sera selon la décision des maîtres, utilisée ainsi :
- Classes élémentaires : L’école ayant abandonné le système de classement, il était normal que celui des prix le soit aussi. Le distinctions honorifiques n’ont pas lieu d’être dans l’école où l’on s’efforce d’obtenir de chaque enfant le maximum d’efforts compatibles avec ses moyens en répondant à ses intérêts, à son goût de l’activité. Il n’y aura donc pas de prix achetés avec ces sommes, mais une IMPRIMERIE.
- C.E.G. : Achat de rideaux noirs pour la salle de travaux pratiques – et Prix.
Côté Associations Anciens Elèves-Parents d’Elèves, le bilan moral et financier sera fait plus loin.
Pour conclure
Après ces propos optimistes : nous lancerons un appel pressant.
Trop de parents considèrent l’école comme un service public de gardiennage et c’est une grande déception pour les enseignants de voir leurs invitations, leurs offres de dialogue sans beaucoup de réponses.
Car notre école est une « école ouverte », les parents sont invités fréquemment à venir parler de leurs enfants, des méthodes, à assister à la classe.
Ce serait pour les enseignanes et les enseignants, un grand encouragement si les parents rejoignaient en grand nombre l’Association de parents, non seulement en versant leur cotisation, mais en sacrifiant chaque année quelques heures de leurs loisirs. Ils montreraient ainsi qu’ils comprennent et appuient les efforts des maîtres pour réaliser l’Ecole heureuse, l’Ecole de demain…
La kermesse de 1968 a besoin de vous. Nous espérons que notre appel sera entendu.
Pour l’équipe des Maîtres, Raymond MILLOT
Extraits du Bulletin n°23, rentrée 1967 (Association Amicale des Anciens Élèves, Association des Parents d’Élèves de l’école Vitruve, 3 rue Vitruve, Paris 20e)«
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NOTES
- On peut lire l’article du Café Pédagogique du 18 décembre 2019 ici : Vitruve, une école pas comme les autres. « Vitruve est une école publique sous convention d’expérimentation. Le fonctionnement de cette école, vieille de bientôt 60 ans a été largement documenté.« […] « Située dans le vingtième arrondissement de Paris, elle compte dix enseignants et neuf groupes d’élèves. Pas des classes non, pas de CE1, de CE2… Non des groupes d’élèves ayant un adulte référent. Seuls les CP ne sont pas en groupe multi-âge. Le reste des élèves est dispatché en cycle intermédiaire (CE1 et CE2) et cycle moyen (CM1 et CM2).
- Pas de directeur, mais « Un coordinateur nommé parmi les enseignants et par les enseignants eux-mêmes.
- « Autre enjeu, la souplesse laissée à l’équipe pédagogique dans l’organisation des apprentissages, organisation qui garantit que les élèves aient acquis les compétences attendues à la fin de l’école primaire. L’école ne fonctionne pas par niveau mais plutôt en multi-âges. Même si chaque groupe d’enfants – l’équivalent d’une classe – a un adulte de référence, bien souvent les enseignants fonctionnent par cycles, intermédiaire et moyens. Des groupes de besoins, appelés ici les ateliers, font aussi partie de l’emploi du temps hebdomadaire.
- Les apprentissages par projets, par la pédagogie du projet : « Tous les projets, toutes les activités sont au service de la coopération. Les enfants apprennent en coopérant autour de projets qui prennent sens, c’est ainsi que l’on peut résumer le projet de Vitruve. »
- « Ainsi à Vitruve, l’élève n’apprend pas la multiplication, il apprend à multiplier, il n’apprend pas à écrire, il apprend à rédiger des courriers. Il n’est pas spectateur de ses apprentissages, il en est le principal acteur. A Vitruve, on n’apprend pas la vie, on la vit. »
- On peut retrouver une analyse de cette expérimentation par Yves Reuter en 2019 : L’Ecole Vitruve : un laboratoire de l’expérimentation pédagogique. Rapport final de la recherche.Intitulé de l’action :
- « Mise en place d’une organisation collégiale à l’échelle d’une école ». Yves Reuter, Professeur émérite à l’université de Lille, membre associé du LACES (E.A. 7437. Rapport transmis en Juillet 2019
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Qui était Robert GLOTON ? Robert Gloton est un pédagogue, inspecteur de l’Éducation nationale française et président du Groupe français d’éducation nouvelle (GFEN) à partir de 1969.
Il est connu pour les travaux menés sur l’éducation nouvelle dans le Groupe expérimental du 20e arrondissement de Paris autour de l’école Vitruve. (Wikipedia)
Il a écrit :
« Et je sais que de
tout ce que nous aurons
accompli tous ensemble,
quelque chose
continuera à vivre. »
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Sur le site du Groupe Français d’Education Nouvelle GFEN
- Rappel des années à l’école Vitruve
- Au début des années soixante, Robert GLOTON crée le Groupe Expérimental du 20ème arrondissement de Paris : 34 classes des écoles rue Vitruve, rue Levau, rue Riblette, creusant une brèche dans l’acceptation fataliste de l’échec scolaire. Raymond MILLOT fera partie de l’équipe d’enseignants de ce groupe expérimental et dit avoir poursuivi à Grenoble les principes mis en place à Vitruve.
- Relevons par exemple l’organisation en cycles : cycle1 pour les enfants de 2-3-4ans, cycle2 ceux de 5-6-7 ans, cycle3 8-9-10ans. A noter que le besoin de constituer des groupes hétérogènes a conduit à adopter la classe « multi-âges », favorisant les interactions et permettant le tutorat des petits par leurs aînés.
- Un élément central : l’approche collective du métier avec l’obligation de fonctionner en équipe et de se concerter. »
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Raymond Millot : 70 – 2000 Les années à La Villeneuve de Grenoble
le concept de l’Ecole ouverte
et « Vivre à l’école en citoyens »
« Du rêve de Jaurès préconisant « des méthodes nouvelles » au sein de l’école de Jules Ferry à la mise en oeuvre d’un projet social innovant incluant une « école ouverte ».
- On peut lire « Le rêve de Jaurès dans le site du collectif Education Bien commun :
- « Le rêve de Jaurès
En 1886, Jean Jaurès redoutait une évolution qui explique, en partie, l’état du système « Dans quelques années, quand la plupart des écoles nécessaires auront été construites, demain, quand les maîtres seront payés par l’État, quand le souvenir des sacrifices consentis par les communes et des droits que ces sacrifices leur conféraient aura disparu, que verrons-nous ?, je le crains, insouciance des communes et arrogante tutelle de l’État. À l’avenir, les programmes seront discutés bien loin des familles, tout contrôle échappera et, même, jusqu’à la pensée d’en exercer un.
Le peuple sera obligé de subir passivement un enseignement qu’il n’aura pas préparé. ».
Jean Jaurès, le 21 octobre 1886.
- « Le rêve de Jaurès
- Texte de Raymond Millot, extrait du colloque « École changer de cap », en 2013, dont voici le pdf :
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- Après les apports de l’expérience des écoles du 20ème (Vitruve), années 60…
- Après les années 70-2000 à La Villeneuve de Grenoble :
- La recherche-action en 1986 qui relate l’expérience de La Villeneuve de Grenoble de 1970 à 2000, toujours dans le système public d’éducation, toujours avec l’inspecteur Gloton du GFEN : »Accompagnés par l’INRP, les enseignants ont pu formaliser les connaissances produites par cette recherche-action. »
- « Dans cette brochure au propos vivifiant, Raymond MILLOT retrace une expérience d’Education Nouvelle vécue à Grenoble (de 1970 à 2000) s’appuyant sur une recherche-action et dont il nous livre les enseignements. »
- « Cette ouverture de l’école sur son environnement favorise le développement d’une pédagogie du projet, les enseignants s’efforçant de s’ancrer dans la vie locale ou nationale en permettant aux élèves d’exercer leur pensée et de prendre des responsabilités.
- Ces expériences sont mutualisées et donnent lieu à des écrits, la maîtrise de la langue écrite ayant été retenue comme objectif majeur dès le début du projet. Cela vaut autant pour les élèves (ex : « Des Enfants S’en Mêlent »-journal scolaire) que pour les professionnels (ex : « Vivre à l’école en citoyens » – éd. Voies Livres) »
- « Vivre à l’école en citoyens » : voir ci-dessous dans la Bibliographie car le livre « Vivre à l’école en citoyens, collectif, c’est, on peut dire le noyau dur de la pensée pédagogique de Raymond Millot, une pensée pédagogique qui a été mise en actes, de manière collective.
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Bibliographie, sitographie
- Vivre à l’école en citoyens, collectif.
- Vivre à l’école en citoyen : 25 ans d’expérience dans un quartier populaire » Article du 6/12/2017. François Spinner. Questions de Classes
- « 25 ans, c’est l’âge de l’école des Charmes, c’est un temps suffisant pour s’approprier un ambitieux projet socio-éducatif, pour éprouver les multiples innovations qu’il impose ou suggère, pour intégrer les apports des pionniers de l’éducation nouvelle, de l’école moderne, des méthodes actives, de la pédagogie institutionnelle, pour s’engager dans des voies inexplorées, pour participer à des recherche-action formatrices , pour triompher de la méfiance ou de l’hostilité de l’opinion, pour éprouver le conservatisme acharné de l’administration. C’est un temps pour devenir dans le quartier une évidence éducative, et pour les enfants, un cadre de vie, de travail et de joie qui marquera leur histoire[…] »
- [Ndlr : L’Ecole des Charmes, ce n’est pas Vitruve, ce n’est plus Vitruve. Pour Raymond Millot et sa compagne Rolande, c’est l’expérience de la Villeneuve de Grenoble entre 1970 et 2000. C’est un groupe scolaire de 5 écoles maternelles et élémentaires rattachées à un collège, dans le quartier neuf et innovant de La Villeneuve de Grenoble, dont Raymond Millot fut le coordinateur. Son équipe d’instits comme il aimait les appelait, y a mis en oeuvre une pédagogie différente et émancipatrice.]
- « Notre équipe, au fil des ans, s’est attachée à réunir les conditions d’une vie démocratique dans une école résolument ouverte sur le quartier, la ville et le monde, conformément au projet initial du quartier de l’Arlequin à la Villeneuve de Grenoble. C’est dans ce cadre que les enfants vivent à l’école en citoyens. L’esprit citoyen s’y construit, comme se construit le savoir, en agissant sur le réel pour le transformer et le comprendre. Avec l’aide vigilante et exigeante des enseignants.
- Le statut de l’enfant, et en conséquence celui des adultes «co-éducateurs» (y compris les parents) s’en trouve fondamentalement transformé. Tout comme la fonction de l’école qui doit cesser de sécréter l’exclusion et de reproduire l’ordre social. » Vivre à l’école en citoyens, extrait de la brochure collective de l’équipe de Raymond Millot.
- « 25 ans, c’est l’âge de l’école des Charmes, c’est un temps suffisant pour s’approprier un ambitieux projet socio-éducatif, pour éprouver les multiples innovations qu’il impose ou suggère, pour intégrer les apports des pionniers de l’éducation nouvelle, de l’école moderne, des méthodes actives, de la pédagogie institutionnelle, pour s’engager dans des voies inexplorées, pour participer à des recherche-action formatrices , pour triompher de la méfiance ou de l’hostilité de l’opinion, pour éprouver le conservatisme acharné de l’administration. C’est un temps pour devenir dans le quartier une évidence éducative, et pour les enfants, un cadre de vie, de travail et de joie qui marquera leur histoire[…] »
- Vivre à l’école en citoyen : 25 ans d’expérience dans un quartier populaire » Article du 6/12/2017. François Spinner. Questions de Classes
- Vivre à l’école en citoyens, c’est, on peut dire le noyau dur de la pensée pédagogique de Raymond Millot
- Des extraits, formules liées à l’expérience de Raymond Millot, ses constats au sujet de l’éducation à la citoyenneté, jadis « leçons de morale » institués sous Jules Ferry, encore en vigueur dans les années 50-60, au début de chaque heure de classe élémentaire. Ces cours ont disparu sous cette forme mais depuis, en collège, en particulier dont devenus des heures d’éducation civique, actuellement EMC éducation morale et civique.
- Or que dire de leur efficacité ? Lire le constat que fait Raymond Millot dans le pdf sur le site de Philippe Meirieu : «Des enfants de la République ! » où R. Millot constate comme ont pu le faire de nombreux enseignant•e•s médusé•e•s face aux réactions inappropriées des élèves lors de la « minute de silence » qui a suivi les attentats de Charlie Hebdo et de la supérette Casher. Consulter le pdf ici.
- Raymond Millot propose alors cette réflexion :
- « La lucidité serait d’admettre enfin :
- que les «valeurs» ne s’enseignent pas mais se construisent.
- que l’école n’est plus la seule source de savoir et de formation
- que le savoir n’est pas, par définition, émancipateur. »
- « La lucidité serait d’admettre enfin :
- Dans ce pdf, Raymond Millot présente ce qu’il préconise et qu’il a mis en pratique avec les élèves de Vitruve, de La Villeneuve de Grenoble : une véritable éducation à la citoyenneté, loin des leçons de morale d’antan (certain•e•s en ayant la nostalgie…), loin des cours actuels d’ instruction civiques ou autres cours d’éducation morale et civique, des cours qui s’ajoutent aux cours… une discipline supplémentaire…
- Eduquer les enfants et les jeunes ne peut se décréter mais exige de travailler avec eux et d’autres adultes en équipe. La pédagogie du projet :
- « L’éducation à la citoyenneté peut et doit se faire en impliquant les enfants et les adolescents dans des actions et des projets concernant leur environnement territorial, que ce soit le résultat d’une enquête, de l’irruption d’un évènement, de la volonté collective de faire face à un problème concernant l’immédiat ou le moyen terme.
- Une telle implication a de multiples conséquences :
- Elle touche le statut de l’enfant : sans le confondre avec un adulte, on lui permet de connaître les réalités dans lesquelles il vit, de chercher à les comprendre de projeter et réaliser des actions visant à les transformer, soit à son échelle, soit en collaboration avec des adultes. » Dans le pdf sur le site de Philippe Meirieu.
- Une telle implication a de multiples conséquences :
- « L’éducation à la citoyenneté peut et doit se faire en impliquant les enfants et les adolescents dans des actions et des projets concernant leur environnement territorial, que ce soit le résultat d’une enquête, de l’irruption d’un évènement, de la volonté collective de faire face à un problème concernant l’immédiat ou le moyen terme.
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2021 : L’Ecole, un bien commun
- « Le changement climatique accélère la prise de conscience des biens communs à protéger. » Il met en cause l’ordre établi que le système éducatif entretient. Concevoir l’éducation comme bien commun, c’est généraliser cette prise de conscience, c’est donner à nos enfants les outils pour faire face à un avenir difficile, c’est amplifier le mouvement émancipateur qui s’oppose à l’ordre patriarcal, c’est entreprendre d’en faire « l’affaire de tous », et non plus l’instrument des pouvoirs politiques. »

Sur le site de la librairie Ombres blanches.
- Et sur le site de Questions de classes en 2022 : »Le livre de Raymond Millot n’est pas un énième livre sur la pédagogie mais bien un manifeste à saisir et à brandir pour penser l’éducation dans ce pays. Un manifeste à coutre-courant des idées nauséabondes qui flattent dans le sens du poil tous les réacs qui n’ont jamais mis les pieds dans une classe. A contre-courant d’habitus qui ont transformés l’école en machine utilitariste, productrices d’inégalités et d’exclusions et malveillantes à l’égard de ses professionnel·le·s et de ses enfants. »
- Avec un entretien. Raymond Millot explique : quelques extraits.
- Q : « Tu recentres l’éducation autour de l’émancipation et surtout tu abordes l’aliénation des enfants, question souvent « négligée ». »
- R : « Dès la maternelle, il faudrait privilégier la méthode scientifique et la pratique de la démocratie participative.«
- Le changement de paradigme : « penser pour apprendre et non apprendre pour penser » :
- « RM : J’entends par là, les bouleversements à venir liés au changement climatique. Nous avons provoqué le passage dans une nouvelle ère, dite anthropocène qui fait peser une menace sur la vie même (en commençant par l’extinction des espèces et des exodes de population) ce qui oblige à considérer la cause, productivisme, consommation, à envisager un changement radical de société, à renouer avec l’idée de révolution (non plus souhaitée mais inévitable) à mettre en avant l’idée de biens communs. Les générations futures ne pourront faire face à cet avenir qu’en ayant appris et vécu de nouveaux « fondamentaux » : la coopération, les projets communs, la pratique de la démocratie participative. Le changement de paradigme nous est imposé mais nous pouvons l’anticiper en envisageant une vraie remise en cause de notre modèle d’éducation. Penser pour apprendre et non plus apprendre pour penser est un renversement de paradigme en transformant l’Ecole en laboratoire pédagogique. »
- ETC
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2024 : Bifurquer… Changer l’ordre millénaire
- Bifurquer… Changer l’ordre millénaire : Massot éd. 2024. Le statut des enfants et des jeunes.
- « La réalité et l’ampleur des « violences sexuelles faites aux enfants », ne peut être contestée, même si l’organisme qui les révèle (la CIIVISE) est critiqué. Le commentaire accompagnant son rapport (celui de novembre 2023) nous interpelle :
- « Nous, la société, nous sommes trompés. Nous avons cru qu’il était préférable de faire comme si ça n’existait pas, comme si c’était impossible. Nous avons préféré ne pas voir »
- Qui, en juillet 2024, parle encore de ce scandale et de son ampleur ? »
- Raymond Millot présente en 2024 son livre : « Dans « BIFURQUER – CHANGER L’ORDRE MILLENAIRE », j’ouvre une réflexion sur le statut du vivant, des personnes, en particulier des femmes et des enfants, à qui l’on assigne, depuis des « millénaires », un statut d’objet (philosophiquement « ce qui est pensé »), et du combat mené pour acquérir le statut de sujet (« qui est ce qui pense »).
- Partant du mouvement Me Too et du rapport de la CIIVISE, qui tous deux dénoncent le statut d’ « objets sexuels » que subissent femmes et enfants, j’invite à réfléchir plus globalement sur le statut d’objet que la famille et la société assignent à l’enfant, et notamment le système éducatif qui vise à le formater de multiples manières.
- J’invite à ne pas s’accommoder de ce constat, à ne pas « faire comme si ça n’existait pas, comme si c’était impossible », à ne pas « préférer ne pas voir ».
- Et, en conséquence, à envisager l’alternative suivante :
- celle d’un système éducatif indépendant du pouvoir politique dans lequel, à l’exemple du système de santé, le statut de sujet reconnu à l’enfant contribuera, tout autant que le savoir, à son émancipation.«
Raymond Millot, août 2024
Texte publié sur le site du CNNR
Un dernier mot de Raymond Millot
- A la fin de la brochure, Raymond Millot a imaginé une FICTION :
- « La fiction ci-après vise à concrétiser l’idée d’une « mobilisation générale » face aux effets du réchauffement impliquant les enfants. Elle pèche par optimisme, comme tous les projets qui imaginent une « transition » permettant la persistance des illusions cultivées dans l’ancien paradigme.
- Elle permet néanmoins d’imaginer comment la « pédagogie » du projet peut encourager un autre accès aux savoirs tout en générant des attitudes collectives favorables à la « résilience »…
- L’avenir dont il est question ci-après est le fruit d’un miracle : en 2027, divers cataclysmes avaient prouvé qu’aucun retour en arrière n’était concevable.
- Les forces « progressistes » avaient enfin compris la nécessité de la « mobilisation générale » préconisée dès 2019 par *António Guterres ! La situation étant mûre, elles ont gagné l’élection. La société a lentement pris conscience à son tour que nous avions définitivement changé de paradigme et, à partir de 2030, la mobilisation générale s’est peu à peu concrétisée. »
*António Guterres : Secrétaire général des Nations unies
Raymond Millot
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- On peut écouter ici, un enregistrement de Raymond Millots, par Chantal Pagot, membre du CNNR groupe Education Conseil National de la Nouvelle Résistance :
- A retrouver aussi sur le site du collectif Education Bien Commun en page d’accueil.
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« Raymond MILLOT a milité au GFEN ; il est co-auteur de « à la recherche de l’école de demain » éd. Casterman, « Une voie communautaire » éd. Casterman, « Écoles en rupture » éd. Syros, « Vivre à l’école en citoyens » éd. Voies-livres, « Émancipation, avenir d’une utopie » éd. Voies-livres. » Sur le site du GFEN.

