2026 : année de la santé mentale ! Mais la détresse des enfants, des jeunes ? Causes toujours éludées ! Des actes !

La question de la santé mentale érigée en cause nationale en 2025 va être prolongée en 2026. Or, de nombreux observateurs font remarquer que la détresse des jeunesse est encore mise au second plan, si ce n’est complètement éludée. Or le problème est grave et a de multiples causes et de nombreuses conséquences sur la vie de nombreux jeunes. Or ce problème en dit beaucoup sur l’état de l’Ecole et de notre société.

L’unicef lance une immense enquête :

« D’octobre 2025 à mars 2026, faites participer les 6-18 ans à la Consultation nationale de l’UNICEF France sur le thème « Cultivons la santé mentale des enfants et adolescents ! »

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Sommaire

2026. La santé mentale grande cause nationale : prolongée

2025. La grande cause de la santé mentale de la population est lancée

2024. Protection de l’enfance et des jeunes : des enquêtes édifiantes mais les actes ?

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2026. La santé mentale grande cause nationale : prolongée

Le projet gouvernemental et des critiques de tous bords sur les actions menées en 2025

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  • 7 janvier 2026 : Sur la page d’accueil du site Politis « Santé mentale des jeunes : la lente perdition »
    • « Près d’un tiers des 11-24 déclarent des signes de troubles anxieux ou dépressifs. »
    • La plus récente étude, celle de l’application Mentalo obtient les mêmes résultats que toutes les autres : »Rends-toi sur l’application Mentalo et donne de tes nouvelles 7 fois dans l’année pour nous aider, t’aider et aider les autres ! Tes données sont confidentielles, les chercheurs n’auront pas accès à ton identité. » Sur la page du site Mentalo.

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  • Après l’annonce en nov 2025 par le ministre Lecornu, de prolonger la cause de la Santé mentale en 2026, réactions de .
    • « L’union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (UNAFAM) : « Comme le plaide Emmanuelle Rémond, présidente de l’Unafam : “L’Unafam attend de la prolongation de la Grande Cause nationale en 2026 que le gouvernement se saisisse vraiment de ce sujet, et coordonne l’action interministérielle nécessaire pour améliorer la prévention, l’accès précoce à des soins psychiatriques de qualité et soutienne dans leur environnement toutes les personnes confrontées à une maladie psychique afin qu’elles se rétablissent.Sur le site consacré à la santé mentale.

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2025. La grande cause de la santé mentale de la population est lancée

Entre autres, des constats, sur l’état de la jeunesse : des études, des enquêtes, une Commission mais quelles réponses ?

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  • 16 décembre 2025. Une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. Sur la page d’informations de l’Assemblée nationale :
    • « La commission d’enquête « sur les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap« , qui présentera ses conclusions ce mercredi 17 décembre, documente notamment une hausse « spectaculaire » des tentatives de suicide chez les jeunes filles et critique l’efficacité du dispositif « Mon soutien psy ».  »
      • « Les études et enquêtes sanitaires montrent un état alarmant de la santé mentale, notamment des jeunes« 
      • « Certains professionnels ne manquent pas de railler la faiblesse de sa mise en œuvre en la renommant ‘la grande causerie nationale’« , note Sébastien Saint-Pasteur, [Le député qui a présenté le rapport], qui dénonce « des déclarations d’intentions non suivies d’effet« . Selon lui, « l’accès aux soins est rendu très difficile par le manque de soignants qui est particulièrement marqué en psychiatrie« . 
      • Une des recommandations du rapport : »créer un statut pour les AESH« .

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  • 8 octobre 2025 : Sur la page gouvernementale dédiée à la jeunesse : « La santé mentale des jeunes et les dispositifs d’aide » : « La santé mentale des jeunes est devenue un enjeu de santé publique majeur. »
    • Des causes sont avancées :  » Les adolescents et jeunes adultes font face à des enjeux spécifiques : pression scolaire, orientation professionnelle, construction identitaire… Ils peuvent impacter la santé mentale des étudiants. »
    • « Selon les données de Santé publique France, les étudiants constituent une population à fort risque de présenter des symptômes dépressifs (36,6 % d’entre eux déclarent des symptômes dépressifs contre 20 % des non-étudiants). »  

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  • 10 juin 2025, « à Nogent (Haute-Marne) une surveillante du collège Françoise Dolto est décédée, poignardée par un élève de 14 ans. » Philippe Watrelot posait alors cette question fondamentale :

« Traiter la santé mentale ou poser des portiques ? »

  • « Le drame du collège Françoise Dolto à Nogent dans la Haute Marne réactive les réponses sécuritaires et immédiates. Mais face à une situation complexe, cela ne suffit pas. Un portique ne peut pas détecter les troubles de l’adolescence et les problèmes de santé mentale. » […] « Qualifier les auteurs de ces crimes de « barbares » n’a pas de sens sinon celui de complaire à une partie de la société et s’empêcher d’analyser (comprendre n’est pas excuser, faut-il encore le rappeler) ce qui se joue aujourd’hui dans notre époque malade de la violence. Ce n’est pas non plus en « sanctuarisant » les écoles qu’on parviendra à résoudre un problème multidimensionnel. »
  • « Dès qu’on se pose un certain nombre de questions, on se rend compte que les réponses simplistes ne fonctionnent pas
    • Pourquoi les jeunes éprouvent-ils le « besoin » d’avoir un couteau dans leur sac ? Les établissements scolaires et leurs abords sont-ils des lieux où il faut se protéger avec ce type d’armes ?
    • Pourquoi le harcèlement est-il devenu si vif ?
    • Pourquoi le passage à l’acte violent se fait-il de façon si rapide, dès la moindre frustration ?
    • Pourquoi nos enfants vont-ils si mal ? Et nous-mêmes allons-nous bien ?
  • Et si, en plus des caméras de surveillance, on travaillait sur le climat scolaire dans nos établissements ? avec plus d’adultes et plus de formation ?
  • Et si on se disait que
    • les compétences psycho-sociales et notamment l’empathie ou la gestion des émotions et des frustrations, étaient aussi importantes que les fameux « fondamentaux ». Et si, au lieu de portiques inopérants, on donnait des moyens humains pour prévenir et traiter les problèmes de santé mentale ?
  • Bien sûr, des médecins et des infirmières scolaires et du personnel éducatif en plus, de la formation, c’est moins spectaculaire que des portiques de détection qu’on peut inaugurer ou des contrôles policiers devant lesquels on peut convoquer la presse. »

Philippe Watrelot, ancien professeur de Sciences économiques et sociales,

formateur, militant pédagogique,

membre de La Riposte Education. Dans son Blog de Mediapart.

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2024. Protection de l’enfance et des jeunes : des enquêtes édifiantes

Des chiffres édifiants sur l’état de santé mentale des élèves de collège et lycée

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  • Article du 5 novembre 2024 : En 2024 une grande enquête inédite de Louis Boyard auprès des collégiens et des lycéens en souffrance. Mais qu’en a-t-on fait ensuite ?
  • Il s’agit quand même de protection de l’enfance et de la jeunesse. Oui, de l’enfance aussi, car l’enquête ne s’est intéressée qu’aux élèves du secondaire et pas du primaire. Or, voir plus bas, une autre enquête sur les maternelles.
    • « C’est une enquête inédite, la plus grande jamais réalisée sur la jeunesse scolarisée. Tout a commencé par une vidéo visionnée plus de 3 millions de fois en moins de 24 heures par laquelle le député LFI Louis Boyard a lancé une grande consultation des collégiens et lycéens au sujet de leur santé mentale et de leur emploi du temps surchargé. » 
    • Quelques extraits significatifs :
      • « Aussitôt publié, le compteur s’agite. Toutes les 5 à 10 secondes, un nouveau jeune participe à la consultation et répond aux questions. Au total, en 48 heures, plus de 220 000 ont déjà participé. Du jamais vu. Les résultats révèlent des chiffres édifiants et inquiétants, notamment sur l’état mental de la jeunesse française.
      • Près de 75 % d’entre eux jugent leur santé mentale mauvaise, voire très mauvaise. La moitié d’entre eux confient dormir moins de 6 heures par nuit. Pour 80 % d’entre eux, Parcoursup et le contrôle continu sont une immense source d’angoisse. Et les autres statistiques sont du même ordre : terrifiantes et révélatrices d’une jeunesse en souffrance.
      • Un ensemble de questions était posé à chaque participant de l’enquête, sur tous les sujets de la vie quotidienne, de la santé, des conditions d’études vécues par les collégiens et les lycéens.
      • Les résultats de l’enquête sont autant édifiants qu’inquiétants.
        • 99 % des jeunes disent être épuisés après une journée de cours et 87 % jugent leur emploi du temps chargé ou surchargé. 22 % n’ont qu’une demi-heure pour déjeuner et la moitié des jeunes déclarent se priver d’activités extra-scolaires, faute de temps libre.
      • Il ne faut pas prendre ces chiffres avec mépris, ils expriment une souffrance réelle : celle d’être projeté de force dans un monde angoissant. »
      • [Lire la suite ici]

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Protection de l’enfance : des chiffres sur l’état de santé mentale des enfants de maternelle

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  • 2024 : un rapport dénonce aussi l’incurie de l’assistance aux plus petits, en maternelle où le service public de santé mentale (psychologues, médecins) est de plus en plus réduit si ce n’est inexistant :
    • « En maternelle, environ 1 enfant sur 12 concerné par au moins une difficulté de santé mentale. […]
    • « Une étude inédite de France Santé publique publiée le 10 décembre 2024 menée auprès des enfants de 3 à 6 ans révèle leur souffrance dès le plus jeune âge. 8,3 % des enfants scolarisés en maternelle présentaient au moins une difficulté émotionnelle, oppositionnelle ou d’inattention/ hyperactivité probable avec un retentissement sur leur vie au quotidien. Ce chiffre alerte sur la nécessité de dispositifs d’accompagnement en santé mentale des enfants avant l’âge de 6 ans, dans l’école comme en dehors. » Lire sur la page du Café Pédagogique.

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