« Pour une lecture-écriture inclusive des textes »

Recension par Eveline Charmeux sur son blog « L’Amie Scolaire » du nouvel ouvrage de Martine Boudet, chercheure en didactique du français « Pour une lecture-écriture inclusive des textes ».

Notre collègue Martine Boudet, chercheure en didactique du français, nous a envoyé un nouvel ouvrage, portant ce titre, qui se propose d’éclairer de façon nouvelle, le travail scolaire sur la lecture et sur la production d’écrits. En voici la présentation.

  • C’est un ouvrage d’un grand intérêt : deux tomes, l’un qui présente la théorie sur laquelle s’appuie l’étude, et un second présentant des exemples de pratique.
  • Les difficultés rencontrées par les enseignants et professeurs de français et de Lettres, notamment en lycée en et en Faculté, viennent, à côté d’autres causes bien connues, d’un cruel manque d’outils de formation, capables de proposer aux collègues à la fois des contenus solides indispensables, mais aussi des données pédagogiques et didactiques permettant aux élèves et étudiants de s’approprier ces contenus. L’ouvrage de Martine BOUDET, vient, fort à propos, combler cette lacune.

Redonner à la discipline français son statut central

  • Sous le titre modeste et fédérateur  » Essai de méthodologie de lecture-écriture », l’autrice propose en effet un vaste panorama des théories actuelles, d’une grande richesse tant dans les référentiels présentés que dans les exemples concrets de travail en classe qui les accompagnent.
  • Optant résolument pour une réforme progressiste du système éducatif, l’ouvrage a comme ambition de redonner à la discipline français, son statut de discipline centrale, à la fois cœur et vecteur de tout le travail éducatif, par une démarche de médiation aux deux niveaux, celui des savoirs académiques de référence et celui des savoirs dits interdisciplinaires, c’est-à-dire des compétences transversales aux disciplines.
  • Très complet dans les détails, cet ouvrage se remarque surtout par la volonté de mettre en relation et en système didactique, des disciplines habituellement cloisonnées que sont l’analyse du discours, l’histoire littéraire, la littérature comparée, l’éducation à la citoyenneté et à l’interculturel. Cela par référence au contexte de la mondialisation et de la médiatisation des échanges, dans lequel évoluent les publics scolaires et estudiantins.

Pour une culture commune et une conscience fraternelle

  • A notre époque où la connaissance tend malheureusement à devenir de plus en plus spécialisée et pointue, l’ouvrage de Martine BOUDET est de nature à rééquilibrer les perspectives.
  • Sachant admirablement associer analyses fines, formalisations rigoureuses et largeur de vues éthique, il ouvre des voies précieuses vers la construction, par nos jeunes, d’une culture commune diversifiée et d’une conscience fraternelle, dont l‘urgence aujourd’hui n’est pas à démontrer.

Le projet collégial en faveur de la création d’IREF/Instituts de recherche

  • Il est à noter que l’autrice pilote par ailleurs un projet collégial prometteur, en faveur de la création d’IREF/Instituts de recherche sur l’enseignement du et en français. [NDLR : dans la lignée des IREM/Instituts de recherche sur l’enseignement des mathématiques qui, depuis les années 60, « « associent des enseignants du primaire, du secondaire et du supérieur, pour effectuer en commun des recherches sur l’enseignement des mathématiques et assurer ainsi des formations de professeurs s’appuyant fortement sur la recherche ».

Martine BOUDET, Essai de méthodologie de lecture-écriture, Pointe-à-Pitre, Presses universitaires des Antilles, juillet 2025 (deux tomes, théorique et pratique) : Lire ici sur la page de l’éditeur.

Martine Boudet est membre de La Riposte Education.

Diaporama de la présentation de l’ouvrage, le 19 février 2026.

***

NOTES

Historique des IREM

  • « Dans les années 1960 les questions liées à la formation des enseignants ainsi que du choix des notions à enseigner et des méthodes pour ce faire connaissent un écho intéressent au sein de la population générale. Les IREM sont déjà en germe dans les réunions ministérielles ayant lieu pour mettre en place l’enseignement des mathématiques modernes, et sont dans la continuité d’initiatives locales telles que le Centre de recherche pour l’enseignement des mathématiques fondé à Bordeaux par Guy Brousseau. Les trois premiers IREM apparaissent à ParisLyon et Strasbourg en 1968 à l’initiative de l’APMEP suivant les idées de Gilbert Walusinski (1915-2006) et les travaux d’André Lichnerowicz lorsque les problématiques liées à la massification de l’enseignement amènent à considérer de nouvelles perspectives pédagogiques. André Revuzprofesseur honoraire à la Faculté des sciences de Paris puis à l’université Paris Diderot, fonde ainsi et dirige l’IREM de Paris, devenu plus tard l’IREM Paris-Diderot[. Chaque académie se voit dotée d’un IREM entre 1968 et 1974. L’objectif initial d’accompagnement de l’introduction des mathématiques modernes est vite dépassé et les IREM perdurent après leur disparition des programmes de l’enseignement secondaire français.
  • Il existe actuellement 36 IREM (dont 28 en France et 8 à l’étranger) fonctionnant tous en réseau. Le réseau des IREM est structuré autour de deux instances : l’Assemblée des directeurs d’IREM (ADIREM) dont l’actuelle présidente est Louise Nyssen (université de Montpellier) et le Comité scientifique des IREM (CS IREM) dont l’actuel président est Thierry Horsin (CNAM). »

Sur Wikipedia :

Le site de l’IREM consultable ici.