Le Savoir de l’Histoire, tous les savoirs pour tous les élèves, sans exclusion, pour une Ecole émancipatrice

Dans notre période de bascule… Il faut avoir une boussole… mettre en oeuvre les Savoirs, le Savoir de l’Histoire et tous les Savoirs ; mais surtout pas un savoir sclérosé : un Savoir vivant qui développe la pensée, loin de tout formatage, un Savoir qui doit être questionné.

  • Il faut clamer ceci et le répéter car il y a en ce moment une responsabilité… historique de l’Ecole et de ce que les gouvernements successifs en ont fait.
  • Le rôle de l’Ecole est primordial pour tous les élèves : toutes et tous doivent avoir accès à tous les Savoirs et apprendre à penser. Or, il faut savoir que nombre d’élèves sous des prétextes divers sont exclus des apprentissages « pour leur bien ! »- Pour leur bien ?!
    • l’élève qui, de milieu populaire a trop de difficultés scolaires ou comportementales pour suivre un train trop rapide qui le laisse en chemin, car depuis l’école maternelle, il n’a pas eu les aides ni les codes et que l’on fait redoubler parfois deux années de suite, sans lui donner les moyens de progresser ;
    • les élèves « à profils particuliers » comme on dit par euphémisme, maintenant que la médecine a vite fait de les diagnostiquer comme « incapables » de suivre des cours « normaux » comme leurs camarades. De nombreux exemples font état d’élèves qui sont « dispensés » de cours, comme autrefois de gymnastique ou de piscine et restent des demi-journées chez eux ou… « car les cours les fatigueraient… »
    • Tout cela pointe un racisme, un eugénisme qui ne dit pas son nom.

Pourtant à l’origine de la Communale tout au moins, Jules Ferry assignait à l’Ecole, dans ses principes, si ce n’est dans les faits, une mission républicaine, d’émancipation de tous les élèves. Où sont ces principes à l’heure actuelle ?

L’Ecole à tous les niveaux, devrait pourtant amener tous les élèves

  • à connaître le passé, l’Histoire pour comprendre le présent – Certains élèves sont « dispensés »…
  • à connaître leur environnement, le milieu dans lequel ils vivent – Certains élèves sont « dispensés »..
  • à apprendre à lire sur des documents divers, parfois contradictoires, et non à ingurgiter sans réflexion, des leçons magistrales à vous dégoûter de tout…
  • ETC.

Du côté enseignant, cela signifie développer l’esprit critique des élèves

  • Or l’Ecole ne peut plus jouer ce rôle : c’est un choix autoritaire et délibéré, de détruire le Système public d’Education, en réduisant les budgets avec pour conséquence un manque d’attractivité pour le métier essentiel d’enseignant, une formation continue (et même initiale) inexistante. Criminel !
  • C’est le choix effectif des divers gouvernements depuis Sarkozy, Hollande et Macron… C’est un choix dévastateur pour l’Ecole pour celles et ceux qui ne souhaitent plus ou ne peuvent plus accomplir leurs missions, le coeur de leur métier : agir pour tous les élèves mais surtout pour ceux qui sont le plus éloignés des codes et des aides. Le pire ne sont-ce pas ces enseignant.e.s qui ne se cachent plus pour dire de ces élèves-là, que « c’est de leur faute », « vous avez vu de quel milieu il ou elle vient, ses parents, sa famille ? » Ignoble ! Là est l’ignominie ! Un détournement ignoble des constats qui ne sont que des constats pas des prédictions, un détournement des analyses de sociologues, surtout si aucun moyen n’est accordé pour faire changer et la pédagogie et les aides…
  • Et l’Education aux médias et à l’information… ? Une vraie éducation aux médias pour apprendre à décrypter les fakes, les mensonges éhontés de la tv, des réseaux sociaux, s’interroger sur l’IA maintenant, éduquer aux montages, à l’image et à ses pouvoirs : faire découvrir aux élèves par ex cette excellente vidéo « Le monteur, un menteur », un fabricant d’infos », qui plaisait beaucoup aux élèves de mon collège. Ils et elles découvraient tout un monde… Mais des heures pour faire cette éducation hors des sacro-saints programmes dans lesquels sont englués les professeur•e•s dans leur discipline ? Pas le temps… Pas le temps ? Pour un enseignement essentiel et émancipateur ? Non, on lui préfèrera la sacro-sainte dictée (par ex.) Coupez !

Par Nadine Lanneau,

professeure documentaliste à la retraite

de l’Education nationale

dans le public (collège, lycée),

membre du collectif Riposte Education

membre du collectif Education bien commun

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  • Ajoutons cet article du Café pédagogique du 13/02/26 avec les propos de Jacques Marpeau, Docteur en sciences de l’éducation, recueillis par Daniel Gostain, enseignant spécialisé, membre de la FNAREN. (Fédération Nationale des Associations d’enseignant.es spécialisé.es. – Aide Relationnelle-Rééducative de l’Education Nationale.)

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