8 octobre 2026 : Communiqué du Collectif La Riposte Education
- Quand le présent se dégrade, l’avenir se ferme. Professeurs non remplacés, emplois du temps disloqués, évaluation permanente et traumatisante, bâtiments indignes et passoires thermiques : les jeunes les plus défavorisés subissent de plein fouet l’abandon de l’école. Leur colère est légitime. Enseignants, parents, personnels, nous devons les remercier de faire bouger les lignes et d’enfin contraindre les politiques à reconnaitre la légitimité de leurs demandes. Étudier dans des conditions dignes est un droit pour tous les élèves.
- Mêmes droits, mêmes moyens, partout. Riposte Éducation soutient les lycéennes et les lycéens mobilisés et les étudiants qui se joignent au mouvement. Dans un bel élan de solidarité nationale qui va du lycée Saint Exupéry dans le Val-de-Marne à Henri IV ou Louis-le-Grand à Paris, ils dénoncent ensemble un système qui protège les mieux dotés et condamne les autres aux établissements dégradés, aux territoires délaissés et à l’incertitude.
- Parcoursup organise le tri social. Des critères opaques sont définis et appliqués notamment par des universités au bord de la faillite, les lycées pour les BTS et les classes prépas, un enseignement supérieur privé en plein développement qui laisse régulièrement ses étudiants sur le carreau. Des frais d’inscription de plus en plus coûteux, notamment pour les étudiants étrangers, découragent une partie croissante de la jeunesse. Riposte-Éducation exige la transparence des critères d’accès à l’enseignement supérieur, la création des filières nécessaires dans l’enseignement public et la fin de la sélection à l’entrée à l’université.
- Aux plus pauvres, l’abandon de l’État : en réponse à leur colère, la répression. Le gouvernement préfère afficher sa force plutôt que répondre aux revendications. Le souvenir de Malik Oussekine interdit pourtant toute banalisation : une démocratie ne mutile pas sa jeunesse avec des armes de guerre, que seule la France utilise en Europe.
- Réprimer la précarité ne la fera jamais disparaître. Avec la logique « casseurs-payeurs », les plus défavorisés paient deux fois : d’abord comme victimes des inégalités de dotation, puis quand ils les dénoncent. Faire taire leur colère légitime, c’est protéger l’injustice.
- La jeunesse exige des réponses politiques, pas des sommations et une Nième concertation sans réalisation concrète. Elle veut des moyens, le droit de décider de son avenir, pas des dispositifs de diversion.
- Contre la discrimination et l’assignation territoriale et sociale, faisons front. Riposte Éducation appelle élèves, familles, personnels, syndicats et associations à défendre ensemble une école commune, émancipatrice et réellement égalitaire.
- On abandonne nos jeunes, on moque leurs revendications, puis on réprime leur colère : nous refusons cette politique. Nous voulons des moyens en urgence pour apaiser les colères et réparer.
- Nous avons besoin d’une longue et large concertation démocratique. Elle nécessite de rassembler tous les acteurs, protagonistes de l’éducation pour réinventer l’école et l’université. Une école qui émancipe, rend à chacun sa dignité et qui prépare notre jeunesse à affronter les mutations profondes du monde de demain.
